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INFO CCIrculaire #3 Février 2021

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L'information spécialisée des professionnels de l'environnement

La loi AGEC - ce qui change depuis le 1er Janvier

 

 

Bacs de récupération d’emballages en magasins, prospectus plus encadrés, indice de réparabilité et système de bonus-malus sur les packagings… De nouveaux dispositifs impactant le commerce et la consommation sont entrés en vigueur à compter du 1er janvier 2021 dans le cadre de la loi AGEC, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Tour d’horizon des nouveautés.

Déploiement de l’indice de réparabilité des produits 

La traduction concrète de cet indice est une note, de 1 à 10, matérialisée par une couleur, du rouge vif au vert foncé pour les plus vertueux dans le domaine. 
 
Dans un premier temps, l’indice de réparabilité porte sur 5 catégories de produits dites pilotes : lave-linge, téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables et tondeuses à gazon. Il a vocation à pouvoir être appliqué à d'autres catégories de produits électriques et électroniques dans les années à venir.
Objectif : atteindre 60 % de taux de réparation des produits électriques et électroniques d’ici 5 ans.

Bonus-malus pour la conception des produits

Les fabricants qui conçoivent leurs produits de manière plus écologique bénéficient désormais d’un bonus sur la contribution qu’ils versent à leur éco-organisme pour la gestion et le traitement de la fin de vie de leurs produits. L’objectif est évidemment de limiter, à terme, la surproduction et le suremballage et d’accroître la durée de vie des produits. A terme, cela obligera les industriels à repenser leur propre stratégie. 
Les industriels devront afficher ce bonus-malus sur leurs produits, sous format d’un code couleur ou d’un pictogramme, par exemple. Sont concernés tous les produits faisant partie d’une filière Responsabilité Elargie du Producteur (REP). On compte en France plus d’une vingtaine de filières REP.
Filières à responsabilité élargie du producteur - ADEME 2017
«Les filières à responsabilité élargie du producteur - panorama » - ADEME 2017
 
La loi inscrit la volonté de création de nouvelles filières REP pour : les emballages professionnels, produits ou matériaux de construction du bâtiment, jouets, articles de sport et loisir, articles de bricolage et de jardin, huiles de vidange, filtres de mégots de cigarettes, gommes à mâcher, textiles sanitaires (lingettes, essuie-tout, cotons, couches, etc.), engins de pêche. Chaque filière aura son propre calendrier de mise en place entre 2021 et 2024.

Nouvelles informations obligatoires pour les téléphones et les ordinateurs 

Aujourd’hui, un consommateur achetant un nouveau téléphone ou une tablette ne dispose d'aucune information sur la durée au cours de laquelle son appareil supportera les mises à jour successives. Les fabricants, ainsi que les vendeurs de téléphones mobiles et de tablettes tactiles, sont maintenant sommés de le préciser. Ils doivent informer le consommateur de la durée durant laquelle les mises à jour logiciels permettent un usage normal des appareils. L’objectif est de mieux orienter le choix lors de l'achat et d’éviter des mises à jour pouvant engendrer l’obsolescence des produits.

Fin de l’élimination des invendus  

Chaque année, 630 millions d’euros de produits neufs sont détruits.

La mise en décharge et l’incinération, autrement dit l’élimination, des produits non alimentaires invendus seront interdites. Les entreprises devront désormais donner ou recycler leurs produits invendus. Il s’agit des produits d’hygiène quotidienne, des vêtements, des produits électroniques, des chaussures, des livres, de l’électroménager, etc.

Ce dispositif entrera en vigueur fin 2021 pour les produits disposant d’une filière de collecte et de recyclage (REP) et au plus tard fin 2023 pour les autres produits. 

Bacs de récupération en magasins

Systématiser les points de collecte des emballages et des suremballages. Pour ce faire, le texte législatif impose des points de reprise dans les «petits et grands supermarchés» depuis le début de l’année. «Ces points de reprise permettront aux clients de s’en débarrasser dès la sortie des caisses, d’en confier le recyclage aux distributeurs et ainsi d’envoyer un signal très fort aux producteurs et aux distributeurs sur leur inutilité en leur laissant la charge de leur élimination» précise encore le document de référence de la loi.

Nouveaux interdits

Les contenants en polystyrène sont dans le collimateur de cette loi. Ces emballages sont le plus souvent utilisés dans la restauration rapide (kebabs…) mais gare aux commerces qui s’y essaient. Ces contenants à usage unique et non recyclables sont en effet prohibés depuis le début de l’année... De même, les confettis en plastique ne sont plus autorisés. Ceux en papier le restent. Les distributeurs ont 6 mois pour écouler leurs stocks (jusqu’au 31 juillet 2021)
Objectif : atteindre zéro plastique à usage unique d’ici 2040.

Encourager les contenants apportés par le consommateur

Face à l’interdiction des plastiques à usage unique, depuis le 1er janvier, les Français ont la possibilité d’apporter leurs propres contenants dans les commerces. Attention, ceux-ci doivent être « propres et adaptés à la nature du produit acheté ». Par exemple, dans le cas d’achat dans les rayons traditionnels, le vendeur pourra demander un type de contenant spécifique, respectant certaines normes d’hygiène.
Pour les boissons, l’obligation va même plus loin : lorsqu’un client viendra avec son récipient pour acheter une boisson, le vendeur devra lui proposer un tarif préférentiel.
 
En Vendée, TRIVALIS accompagné des chambres consulaires et de l’association Zero Waste France s’organise pour proposer en 2021 des alternatives aux plastiques à usage unique et soutenir les commerçants vers un changement de pratiques en faveur du « zéro déchet ».

Des prospectus plus encadrés

Depuis le 1er janvier 2021, la loi devient plus stricte pour les imprimés publicitaires. Déposer des prospectus dans des boites aux lettres où figure l’autocollant "Stop pub" est passible d’une amende de 1 500 € (contre 450 € auparavant). De même, les goodies dans les boites aux lettres ne sont plus les bienvenus. Les publicités agressives sont également interdites en dehors des périodes de soldes.

Plus de sanctions pour le gaspillage alimentaire en magasins 

En 2016, la France créait une loi alors unique au monde : la loi Garot impose, cette année-là, aux surfaces de vente alimentaires de gérer et valoriser les invendus en magasins. La destruction volontaire de denrées ou l’absence de conclusion de convention de dons entre grandes et moyennes surfaces et associations habilitées deviennent, eux, répréhensibles. Les mauvais élèves devront faire attention : en fonction de la taille du commerce, l’amende pourra s’élever jusqu'à 0,1% du chiffre d’affaires, ce qui se veut plus dissuasif pour les plus grandes chaînes de magasins.

Renforcement de l’interdiction des sacs en plastique à usage unique

Les distributeurs sont souvent mal informés sur les sachets en plastique de leurs magasins, admet le document. Si la distribution des poches à usage unique est interdite depuis le 1er janvier 2016, la loi impose aujourd’hui et ce depuis le 1er janvier 2021, l’interdiction de l’importation et de la fabrication de sacs en plastique à usage unique à des fins de mise à disposition sur le territoire national.
 
Durant l’année, le textile fera aussi l’objet de nouvelles restrictions pour amener la filière à devenir plus « responsable ». 
 
La CCI de Vendée s’emploie à accompagner les entreprises dans leur transition avec des suivis adaptés et personnalisés. Pour cela n’hésitez pas à vous rapprocher de votre conseiller Economie Circulaire : 02 51 45 32 96.

 

La situation des masses d’eau en pays de la loire et en Vendée

 

 

Le 12 décembre 2019, le comité́ de bassin a adopté́ l’état des lieux du bassin Loire- Bretagne. Établi en application de la Directive-cadre sur l’eau (DCE), l’état des lieux pose les bases sur lesquelles les instances du bassin vont construire le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) et le programme de mesures 2022-2027. L’objectif : reconquérir la qualité́ de l’eau et des milieux aquatiques. 

Synthèse sur la gestion et les masses d’eau en Vendée.

 

Etat des lieux qualitatifs des Masses d’eau du Bassin Loire Bretagne

L’analyse des états des lieux de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne produits en 2011 et 2013 montre une tendance préoccupante en terme de qualité des cours d’eau sur cette même période :
 
80% des cours d’eau ont plus de 4 indicateurs déclassants, parmi lesquels : 
  • L’oxygène dissous et l’indice « Poisson de rivière » sont deux indicateurs fortement déclassants pour près de 80 % des cours d’eau. 
  • Les nutriments sont également un facteur fortement déclassant pour 17 %, considérant que le phosphore prédomine pour 80 % d’entre eux et les nitrates pour 20 %.
 
Le SDAGE 2016-2021 Loire-Bretagne fixe à l’échéance 2021 (deuxième cycle de la DCE) un objectif de bon état écologique en fonction du type de masse d’eau superficielle. Il concerne 61% des cours d’eau, 67 % des plans d’eau et 64 % du littoral. Néanmoins, il précise surtout que l’ensemble des masses d’eau devront atteindre le bon état à l’échéance 2027
 
>> En savoir plus sur les critères de définition du « bon état écologique » dans les SDAGE 
 

Les enjeux de la gestion de l’eau en Vendée

Le réseau d'eau vendéen est extrêmement fragile car il provient à 92 % d'eaux superficielles. Il y a plusieurs types de masses d’eau. Les cours d’eau (84 en Vendée), les eaux souterraines (19 masses d’eau), les plans d’eau (10 répertoriés et suivis), les eaux de transition (3) et les eaux côtières (6 fleuves côtiers et marais). 
Les services de l’État, en Vendée, ciblent leurs actions principalement sur les cours d’eau. Ils définissent ainsi la « contribution » vendéenne, à l’échéance 2021, selon un objectif de bon état écologique pour 25% des cours d’eau vendéens.
Pour autant, la situation en Vendée est aujourd’hui particulièrement dégradée. Seul 1% des cours d’eau est en bon état et plus de 60 % en état médiocre voire mauvais.
 
Sur ces constats, le PAOT de la Vendée, validé en avril 2019, pour une durée de 3 ans, a défini 8 priorités thématiques pour atteindre le bon état écologique des milieux d’ici 2027. Parmi celles-ci se trouve la réduction des rejets polluants.
 
Les rejets des systèmes d’assainissement des collectivités et des industries contiennent des macropolluants susceptibles d’altérer la qualité biologique des milieux aquatiques. Les cibles étant principalement les stations littorales et les gros sites industriels agroalimentaires.
A ces macropolluants s’ajoutent des substances dangereuses dont la connaissance a évolué grâce aux réseaux développés depuis 2002 dans le cadre du RSDE (Recherche des Substances Dangereuses pour l’Environnement et l’Homme). 
 
Sur l’ensemble des sites industriels suivis par l’Unité Départementales 85 de la DREAL, 36 étaient concernés par l’action RSDE menée depuis 2009, dont 15 sont en surveillance pérenne.
 
 

Etat des lieux quantitatifs de nos consommations d’eau en Vendée…

En Vendée 89 % des eaux de consommation viennent des eaux de surface (barrages essentiellement), d’où la nécessité du travail de retour au bon état écologique des masses d’eaux superficielles.
 
La Vendée est en déficit hydrique, selon le rapport Annuel 2019 de Vendée Eau, sur les 52 millions de m3 distribués en Vendée, 5% sont importés d’autres départements et essentiellement de Loire Atlantique via le syndicat ATLANTIC EAU.
L’attractivité du territoire Vendéen, notamment en période estivale, engendre une augmentation constante du nombre d’abonnés passant de 282 849 en 2001 à 429 349 en 2019. Bien que la consommation individuelle par foyer tend à se réduire, la consommation globale est en constante augmentation de 31 à 43 millions de m3 en moins de 20 ans. Cela ne concerne que l’eau potable ! Nous ne parlons pas ici des prélèvements réalisés directement dans le milieu naturel par le monde agricole et certains industriels. 

La Vendée en Etat d’alerte…

Selon les données préfectorales, le 30 juillet 2020, la Vendée était en état d’alerte sur l’usage de ses eaux superficielles, allant jusqu’à l’état d’alerte renforcé et de crise pour la moitié ouest du département... Des états récurrents à chaque période estivale fragilisent les activités agricoles mais aussi les infrastructures de tourisme menacées dans leurs usages (arrosage, piscine, lavage etc.) ; cette pression sur la ressource qui impacte également l’industrie et le commerce par des coupures et des limitations de leurs prélèvements.

Des perspectives peu réjouissantes si nous ne changeons pas nos modes de consommation… 

En utilisant les résultats de l’étude « Explore 2070 », le SDAGE Loire Bretagne propose une simulation de l’impact des prélèvements actuels sur les débits d’étiage futur, en considérant des pratiques de prélèvements inchangées dans le futur.
Selon cette simulation, il apparaît que les Pays de la Loire, et particulièrement la Vendée, subiraient un taux d’exploitation trop élevé, si les prélèvements étaient identiques à ceux de 2013 (année avec des prélèvements moyens).

Quelles sont les bonnes pratiques pour réduire les prélèvements et limiter les pollutions ? 

Par leurs bonnes pratiques, les exploitants industriels peuvent contribuer à diminuer voire supprimer ces impacts potentiels. En premier lieu, les économies d’eau aident à limiter les prélèvements : lutte contre les fuites, utilisation de technologies peu consommatrices d’eau telles que le refroidissement en circuit fermé, l'optimisation de l’usage de l’équipement (arrêt automatique des pompes par exemple), etc. La pose de sous-compteurs peut permettre d’identifier les postes les plus consommateurs d’eau afin de les optimiser.
 
Protéger les milieux passe aussi par la réduction de la contamination des eaux usées et des eaux pluviales. L’exploitant peut réduire à la source cette pollution : choix des matières premières les moins polluantes, utilisation des technologies les plus propres, etc. D’autres bonnes pratiques visent à éviter tout accident, notamment concernant le stockage et la manipulation des substances potentiellement polluantes (stockage sécurisé, utilisation des doses adéquates, etc.).
 
Enfin, une bonne gestion des eaux pluviales sur l’exploitation permet d’éviter qu’elles ne soient contaminées par des polluants avant de rejoindre le milieu naturel : utilisation de séparateur à hydrocarbures dans les zones de parking, collecte séparée des eaux pluviales, mise en place de bassin de rétention, etc.

Les leviers financiers à disposition des acteurs économiques

De 2019 à 2024, le 11e programme de l'agence de l’eau va mobiliser 2,27 milliards d'euros sur 6 ans, pour soutenir les investissements et les programmes d'actions nécessaires pour répondre aux enjeux du bassin Loire-Bretagne en matière de reconquête de la qualité des eaux et de solidarité urbain-rural.
 
Ce programme prévoit d’orienter 270 millions d’euros au profit des acteurs économiques non-agricoles, pour :
  • lutter contre les pollutions des activités économiques,
  • économiser l’eau,
  • restaurer et préserver les milieux aquatiques et la biodiversité.
 
Pour les acteurs économiques, s’ajoute à ce dispositif, le « plan de relance Eau ». Dans ce cadre, l’agence de l’eau Loire-Bretagne mobilisera 3,7 millions d’euros supplémentaires au service de la relance économique et de la transition écologique.
 

Glossaire des principaux acteurs et politiques de gestion de l’eau : 

 

La directive cadre sur l’eau (DCE) (directive 2000/60), définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique au niveau européen, en y associant une perspective de développement durable.
 
Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SDAGE), fixe pour six ans les orientations qui permettent d'atteindre les objectifs attendus en matière de "bon état des eaux". Ils sont au nombre de 12 en France. Un pour chaque "bassin" de la France métropolitaine et d'outre-mer. La Vendée appartient au bassin Loire Bretagne.
 
Le Plan d’Action Opérationnel Territorialisé (PAOT), décline les éléments du SDAGE à l’échelle départementale et détermine les priorités et le programme d’actions. Le premier PAOT 2016-2018 arrivant à terme, un deuxième PAOT 2019-2021 a été validé le 3 avril 2019 par le Préfet de la Vendée.
 
Le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE), établi par la Commission Locale de l’Eau (CLE) d’un bassin versant peut fixer des objectifs de réduction par usage. Le territoire vendéen est entièrement couvert par 8 SAGE dont 5 interdépartementaux :
 
  • SAGE Baie de Bourgneuf et Marais Breton
  • SAGE Vie et Jaunay
  • SAGE Auzance Vertonne et cours d’eau côtiers
  • SAGE Lay
  • SAGE Sèvre Niortaise et Marais Poitevin
  • SAGE Vendée
  • SAGE Sèvre Nantaise
  • SAGE Logne Boulogne Ognon et lac de Grand Lieu
 
Les Comités Techniques de l’Eau (CTE) sous la présidence du Préfet, revoient les contextes pluviométriques et caniculaires, les tensions sur les territoires en termes de consommation, de qualité et d’usage, et propose des mesures « restrictives » pour maintenir un équilibre dans les bassins versants.
 
Le Bassin Loire-Bretagne élabore la politique de gestion de l'eau (SDAGE) et anime la concertation entre les acteurs de l’Eau (usagers 40%, élus 40% et État 20%).
 
L'Agence de l'eau Loire-Bretagne est l'organisme exécutif chargé de mettre en œuvre cette politique.
 
Parmi les grands acteurs régionaux et locaux de l’eau qui encadrent et appliquent la politique de l’eau :
  • La région Pays de la Loire,
  • La DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement),
  • Les Préfectures,
  • La DDTM (Direction Départementale des Territoire et de la Mer),
 
ainsi que Vendée Eau, le syndicat qui gère l’accès à l’eau potable sur la grande majorité du département. 
 
>> Plus de détail sur le site de l'observatoire Vendée

 

 

portrait d’un acteur de l’eau en Vendée : Vendée Eau 

 

Les activités anthropiques, ainsi que les manifestations naturelles du climat, contribuent à considérer l’eau comme une ressource vulnérable et précieuse.

Rencontre avec Jacky Dallet, le Président de Vendée Eau, pour savoir comment économiser cette ressource précieuse et la pérenniser. 

 

INTERVIEW DE Jacky Dallet

Quel rôle joue Vendée Eau sur le territoire ? 
JD : « Vendée Eau est un syndicat départemental, en charge de la production et la distribution de l’eau potable en Vendée. Il est composé de l’ensemble des collectivités locales Vendéenne (EPCI et communes) et couvre ainsi l’ensemble du département. C’est un modèle unique en France. 
Notre mission est de garantir : 
- une eau potable, de qualité en quantité suffisante et pérenne pour assouvir l’ensemble des besoins de tous les Vendéens,
- un accès à l’eau potable de manière uniforme sur le territoire et à un prix unique, quel que soit le lieu où se trouve l’abonné.                                                                                                               
Nous devons donc anticiper les besoins en tenant compte du développement économique, urbanistique, commercial et touristique de l‘ensemble de notre département, et de mettre en place une politique d’investissements pour remplir cette mission.  
Dans cet objectif, chaque année, nous investissons près de 50 millions d’euros dans la sécurisation et la modernisation de nos outils. Il en va de notre avenir et de la confiance que nous accordent les collectivités adhérentes, les élus et les abonnés Vendéens ».
 
Comment Vendée Eau accompagne-t-’il les entreprises dans leur gestion de l’eau ? 
JD : « Vendée Eau n’intervient pas directement auprès des entreprises dans leur gestion quantitative de l‘eau. Nous intervenons principalement au travers de campagnes de sensibilisation grand public sur cette thématique, pour inciter chacun à avoir les bons gestes en matière d’économie chez lui dans sa vie quotidienne (salle de bain, cuisine, jardin, travail, dans ses activités sportives). Un ensemble de lieux familiers où chacun peut être acteur et préserver cette ressource universelle ». 

 

Environ 3 % d’eau douce existe sur la planète et moins de 1 % de disponible. Nous l’avons dit, l’eau est un bien précieux, comment Vendée Eau mobilise ses abonnés sur cette prise de conscience fondamentale ?  
JD : « Concernant les économies d’eau, Vendée Eau travaille depuis de nombreuses années sur plusieurs axes :
  • Le programme « Chaque goutte compte » qui permet, la sensibilisation et l’information auprès des consommateurs sur leur capacité au quotidien à réduire leur consommation d’eau. Ce travail de sensibilisation a débuté il y a plus de 15 ans et a permis de générer une économie de 6 millions de m3 par an, soit l’équivalent de la contenance d’un barrage moyen Vendéen. 
    Ce programme permet également d’accompagner les collectivités dans le diagnostic de leurs équipements sanitaires dans leurs bâtiments publics et de les orienter à la mise en place d’équipements hydro-économes pour une réduction de leur consommation d’eau.
  • Le renouvellement de nos canalisations ; chaque année ce sont 15 millions d’euros qui y sont consacrés, permettant de réduire ainsi les fuites et pertes en eau sur notre réseau. Cela nous a permis d’obtenir un ILP (Indice Linéaire de perte) d’environ 1 m3/km/jour, nous plaçant alors parmi les meilleurs réseaux ruraux de France. 
  • Les process : nous avons également travaillé et investi fortement sur nos usines de potabilisation. L’amélioration de nos process (réduction des pertes) et la réinjection d’eau dans la ressource en amont, nous ont permis d’économiser plus de 2 millions de m3 d’eau ».
 
Quels secteurs économiques sont les plus gros consommateurs d’eau ? 
JD : « Les plus gros consommateurs d’eau sont par ordre croissant, l’agro-alimentaire avec 51% de la consommation d’eau, viennent ensuite les campings avec 17%, suivis de l’agriculture avec 10% et l’industrie avec 6%.
En Vendée, chaque année 43 millions de m3 sont consommés par nos abonnés (gros consommateurs + particuliers) ». 
 
Quelles sont les actions mises en place en Vendée pour pérenniser l’eau ? 
JD : « Depuis 2010, nous travaillons sur un schéma de sécurisation de l’approvisionnement de l’eau potable en Vendée, un programme d’investissements lourds visant
  • A économiser l’eau, par une politique large de sensibilisation de tous nos abonnés aux éco-gestes du quotidien, au domicile, au travail, dans les activités de loisirs.
  • A renouveler fortement notre réseau de canalisations, afin de réduire les casses réseaux et les fuites. 
  • A sécuriser l’ensemble du département en matière d’approvisionnement et notamment vers les zones géographiques les plus déficitaires, avec des transferts d’eau rendus possibles par la réalisation d’une canalisation de 120 Km permettant de transporter d’importantes masses d’eaux potables du sud-est Vendéen vers l’ouest et le nord-ouest du département. 
  • A augmenter les capacités de stockage hivernales avec un programme d’achats de carrières en fin d’activité, pour une utilisation en période de tension et notamment en fin d’été. Un exemple récent avec la carrière des Clouzeaux contenant 2 millions de m3, pour un investissement à hauteur de 18 millions d’euros.
  • A réhausser le barrage d’Apremont permettant un stockage supplémentaire de 700.000m3.
  • A réutiliser les eaux usées : Projet JOURDAIN, projet expérimental de réutilisation des eaux usées de la station des Sables d’Olonne qui après affinage, sont rejetées dans le Jaunay, en amont du barrage. Cela permet ainsi de réalimenter la ressource lorsque celle-ci le nécessite.  
 
Quels sont les territoires prioritaires en termes de consommation (et de qualité des milieux) ?
JD : « Les territoires prioritaires sont ceux où la pression sur la ressource est la plus forte, au risque de provoquer des coupures d’eau en périodes tendues. Un déséquilibre besoins/ressources pourrait freiner voire stopper le développement de ces zones. Les territoires concernés sont principalement ceux situés sur le littoral Atlantique, notamment avec le développement touristique. Sur cette zone pauvre en ressources, les effets induits par les pics de consommation en période estivale nécessitent l’aide d’autres territoires.

 

Les territoires situés dans le nord-est Vendéen, requièrent l’aide de nos voisins de la Loire-Atlantique, pour pallier la forte demande en eau, liée au développement à la fois démographique et économique. Cet apport externe est assuré par deux canalisations, d’une capacité unitaire de 10.000 m3 par jour, gérées par le Syndicat ATLANTIC’EAU.

 
Comment adopter les bons réflexes ?
JD : « Les bons réflexes sont ceux que nous essayons d’inculquer depuis de nombreuses années. Nous travaillons sur des supports de communication (radio, vidéo, campagnes d’affichages) afin de sensibiliser, informer le consommateur sur cet élément vital, fragile et rare que reste l’eau douce. 
A partir d’un programme pédagogique et de stages natures, nous sensibilisons chaque année plus de 8 000 enfants à la préservation et la protection des milieux humides. Via ce dispositif, nous leur apportons les éco-gestes à mettre en œuvre au quotidien pour économiser l’eau potable, par un enseignement sur le petit et grand cycle de l’eau ».
 
Quels sont les risques pour l’avenir au regard du changement climatique ? 
JD : « Nous subissons à la fois un changement et un dérèglement climatique. Ces deux éléments perturbent et rendent chaque année, aléatoire et non assuré le remplissage de nos retenues. A ces phénomènes, s’ajoute notre développement économique et démographique. Il est de notre mission de prévenir et d’anticiper les effets collatéraux de ces paramètres. 
Notre objectif est donc de mesurer par prospective, la capacité de résistance de notre ressource globale (retenues et forages).
Ces mesures ont débouché sur un schéma de sécurisation de l’approvisionnement de l’eau potable en Vendée. Ce dernier s’exprime au travers d’un bouquet de solutions complémentaires et alternatives aux ressources actuelles, (Canalisation de transferts des eaux potables et des eaux brutes, pompage pour le remplissage de retenues fragiles, campagne de forages, achats de carrières, réhausse de barrage, projet Jourdain). 
Un schéma déployé de 2010 à 2020, est aujourd’hui sur le point de se terminer. Il a représenté un volume d’investissement de 450 Millions d’euros. Cette politique volontariste nous permet de répondre à nos objectifs et à l’ADN de notre mission de service public de l’eau potable ». 

 

La CCI s’implique dans la gestion de l’eau

 

En veille permanente, la CCI a pour rôle d’accompagner les entreprises dans leur mutation ou leur évolution, mais aussi de les alerter et de les informer, notamment sur les enjeux de l’or bleu. Michel Langevin, élu de la CCI de Maine-et-Loire et référent sur le sujet de l’eau à l’échelle régionale, nous explique les missions de la CCI en matière de gestion de l’eau.

Quel est le contexte général sur l’eau ?

Tout comme l’énergie et les matières premières, l’eau est une ressource indispensable pour développer les activités économiques. Mais cette denrée se raréfie.
Sa disparition commence à générer des conflits d’usage (par exemple, Agriculture contre Tourisme), à nuire à la biodiversité et à engendrer des coupures d’approvisionnement régulièrement.  
Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler les mois d’été 2019, l’ensemble de la Vendée était en situation de « crise » avec des restrictions d’usage des eaux superficielles renfoncées impactant l’ensemble des consommateurs.
 
Les conséquences de ce type d’épisode pour l’activité économique sont les suivantes :
  • risque de rationnement ou pénurie d’eau à certaines périodes (à l’horizon 2050, -30 à -60 % de la disponibilité de la ressource en eau) ;
  • modification des paramètres de fonctionnement d’unités de refroidissement (accroissement de la température de la Loire de 0, 5 à 1, 4 °C à l’horizon 2030 et + 2 ° C à 2070) ;
  • modification de la nature de l’eau disponible (remontée du front de salinité dans l’estuaire) ;
  • risque d’inondations locales du fait de la modification des régimes de précipitation,
  • besoin de réduire les émissions de polluants pour rester dans les seuils de concentration acceptable (enjeu de maintien de l’oxygénation des eaux) ;
  • conflits d’usages entre besoins d’irrigation accrus et besoins des entreprises :
    • risques de conflits d’usages sur le réseau d’adduction d’eau potable lors de la période estivale et d’étiage ;
    • risques de coupure d’approvisionnement d’eau pour les entreprises et menace pour le développement voire la pérennité des activités économiques ;
    • risques pour la biodiversité autre facteur important pour la vie.
 
L’enjeu de ces prochaines années sera celui de la disponibilité de l’eau en continu car nous allons connaitre de plus en plus de périodes très sèches suivies d’épisodes de forte pluviométrie. Il faut donc adapter son comportement pour que les choses changent.

Quelles sont les actions mises en place par la CCI Vendée ?

La CCI a la volonté de s’impliquer pour aider les entreprises à faire face à cette problématique de la qualité et de la disponibilité de l’eau à travers trois missions : l’information, la sensibilisation et l’accompagnement. 
 
  • Tout d’abord, la CCI doit être visible en tant qu’acteur auprès de l’Agence de l’eau, l’Etat (DREAL) et les institutions (conseil départemental, le conseil régional ou la préfecture). Tous ces partenaires doivent avoir conscience que les CCI des Pays de la Loire se préoccupent de la problématique de l’eau sur leur territoire. 
  • Ensuite, il y a des objectifs à atteindre. Il faut sensibiliser les entreprises à la gestion de l’eau et leur apporter des solutions. La CCI se donne pour mission de les sensibiliser en organisant des ateliers, des réunions, des conférences. Nous souhaitons également donner la parole aux experts et entreprises des territoires qui ont expérimentés une meilleure gestion de l’eau, pour montrer l’exemple. De nombreuses entreprises sont vertueuses en matière d’économie d’eau et de traitement de leurs rejets, nous souhaitons les rendre d’avantage visibles. 
  • Enfin, en 2021, la CCI des Pays de la Loire a prévu de recruter un ou une chargé(e) de mission Eau afin de remplir les objectifs qu’elle s’est fixée. 
 
Afin de concrétiser notre engagement en faveur de la préservation de l’eau, la CCI Vendée et la CCI Maine et Loire, travaillent ensemble pour vous proposer en 2021, en Vendée, un forum de l’eau. Cette manifestation permettra aux entreprises de croiser des experts et solutionneurs afin de répondre à leurs problématiques et d’éveiller les consciences.
 
Indispensable à la vie, l’eau fait partie du bien-être de chacun. Notre rôle est de la préserver pour les générations futures !
 

 

 

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Caroline CAILLAU

Conseiller Economie circulaire
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